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Principales espèces de moustiques du Genre Mansonia

Coquilletidia pertubans

Insectes piqueurs, vecteurs de maladies, lutte biologique

Auteur: Julien Baylet

Résumé 

L’espèce de moustique Coquillettidia perturbans est peut-être la plus intéressante à étudier à l’état larvaire du fait de son mode particulier de respiration qui lui permet d’atteindre le fond des plans d’eau allant jusqu’à 80 cm de profondeur. En effet, leur siphon est court (aussi large que long) et déformée à l’extrémité en une dent noire très robuste. La larve l’utilise pour percer les tiges de certaines plantes aquatiques qui puisent l’air de la surface pour le faire circuler dans leurs vaisseaux creux. Cette stratégie permet à la larve de se camoufler au plus dense enchevêtrement de racines et ainsi éviter les prédateurs. Puisqu’elles ne vivent pas dans les mêmes milieux que les autres larves de moustiques, elles ne sont donc pas sensibles aux mêmes produits inoculés par les agents de terrain. De ce fait, un produit biologique comme le Bacillus sphaericus est utilisé. Ces bactéries vont se développer sur les cadavres de larves pour subsister dans le milieu jusqu’à un mois. Enfin, ce moustique est à la fois vecteur de maladies et piqueur agressif. Il est, donc chaque année la cible des agents de contrôles de maladies et d’insectes piqueurs, car ses populations sont difficilement contrôlables et les agents formés à son dépistage sont rares.

Coquillettidia perturbans

 

Morphologie

 

L’identification d’un moustique au stade larvaire passe toujours par l’observation du siphon respiratoire. Si, pour beaucoup d’autres espèces, il est adapté à capter directement l’air de la surface, les larves de Coquillettidia perturbans elles, ont un siphon respiratoire très court et dont l’extrémité est déformé en une griffe transperçant les tiges de plantes aquatiques. De cette façon, elles peuvent se camoufler dans les parties difficiles d’atteinte pour leurs prédateurs et sont constamment au contact de leur nourriture en suspension.

Habitat

Du fait de sa capacité à respirer sous l’eau, la larve de Coquillettidia perturbans vit dans des milieux aquatiques allant de 40 à 80 cm de profondeur et peuplés de végétaux ayant des vaisseaux respiratoires comme le phragmite, la quenouille, le jonc et le nénuphar jaune.

Cycle de développement

Vivre à ces profondeurs entraîne, cependant un inconvénient thermique. L’eau y est plus froide et ralentit le développement de la larve. Les nouvelles larves, écloses vers fin juin début juillet, vont devoir passer l’hiver sous l’eau aux stades 3 ou 4 en entrant en diapause (extrême diminution du rythme métabolique, semblable à l’hibernation). Elles deviendront adultes que vers la fin du mois de mai suivant.

Moyens de lutte adéquats

 

Dans le cas d’un traitement larvaire, l’objectif n’est pas de traiter la surface, mais d’atteindre le fond de l’eau. Depuis plusieurs décennies le Bacillus sphaericus est le produit biologique tout indiqué, pour deux raisons. Premièrement, ces bactéries ne flottent pas et vont aller se déposer dans la vase. De plus, elles peuvent se dupliquer pendant 1 mois à partir de cadavres de larves. Une fois le produit inoculé, les bactéries survivront, donc que dans les zones où se trouvent des cadavres de larves et là où il y a des larves vivantes.

 

Si la zone à traiter est restreinte, comme un jardin privé moyen ou une vieille piscine transformée en marais, il suffit de supprimer les plantes aquatiques ou de diminuer la profondeur d’eau dans le milieu. Les larves n’auront plus de quoi respirer efficacement et se développeront mal si elles doivent venir respirer à la surface. Retirer simplement les plantes aquatiques comme le phragmite, les quenouilles, les joncs et les nénuphars jaunes suffisent à supprimer l’espèce du milieu.

 

Enfin, bien que cette technique soit très efficace pour se reproduire facilement, elle ralentit le rythme de développement et les populations n’augmentent que lentement chaque année. Le traitement systématique est à proscrire puisqu'un pesticide biologique ou chimique a toujours de multiples impacts sur l’environnement. Même si, pour le Bacillus sphaericus, cela se résume à un impact potentiel sur d’autres espèces non visées qui ont le même système digestif que les moustiques, toutes les recherches actuelles ont prouvé son efficacité, raison pour laquelle CFROY a opté pour cette solution.

Pour plus d'informations sur le traitement biologique: Contrôle des insectes piqueurs.
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Date de publication: 27 Novembre 2015

Photos de Coquillettidia perturbans

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